"Je voulais voir du monde" - Interview de Pauline



Une raison pour laquelle tu es venue à la dernière route ?


Je voulais voir du monde!


C’est le premier truc qui me vient et je pense que c’est vraiment ce qui me venait l’année dernière quand j’ai vu l’annonce. Elle est un peu passée comme « cherche femme de ménage », « hop vient à la route d’été » et puis « cherche quelqu’un pour garder mon chat ». (rires) C’est un petit peu ça, y’a la route d’été qui s’est fichue au milieu de tout un tas de notifications.


Le contexte n’a pas trop changé mais c’était à la fin du 1er confinement, j’étais un peu paumée dans mes études, j’étais retournée chez mes parents mais du coup j’étais toute seule avec mes parents, j’avais peu de contact avec mes potes de promo, on était chacun chez nous…. bref!


Et donc je me suis laissée happée par la comm’ de route qui me disait que c’était 6 jours rafraîchissants, l’occasion de rencontrer du monde et de se recentrer sur quelque chose de différent de ce que l’on était en train de vivre depuis bien 3 mois. J’ai dit banco ! Et puis il se trouve que je n’avais rien d’autre à faire !


3 choses que cela t’a apporté ?


Le numéro 1 c’est vraiment tout le côté spi. J’avais complètement abandonné tout mon rapport à la foi, à la prière… Je pense que “prière”, j’avais carrément besoin d’un dictionnaire pour me souvenir de ce que ça voulait dire. J’avais vraiment tout mis de côté, je pense que ça faisait bien 3 ans que je venais à la messe sans trop y croire. La prière c’était un concept un peu flou, la confession on en parle même pas… ! (rires) Donc honnêtement, ça été un peu violent au début parce qu’on ne nous a pas laissé trop le temps de la réflexion : on arrive, les laudes, les complies, la totale et là tu te dis… okay ! J’avais compris que je m’embarquais dans quelque chose de spi mais je vais revenir je sais pas à quoi je ressemblerai ! Donc je pense que le premier truc que j’ai trouvé à la route c’était un peu un nouveau souffle dans ma vie spi. C’est peut-être un peu fort de dire ça mais je pense que s’il avait fallu que je choisisse un moment pour faire ma confirmation ça aurait été là. J’avais déjà fait ma confirmation donc la question ne se posait pas mais je pense que c’est comme une étape. Pour moi en tout cas dans ma vie spi il y a eu un avant et un après la route, et puis même dans ma famille, après, ils me l’ont dit. Ils m’ont dit « on est sentie que t’es revenue… il s’était passé quelque chose ! On est pas sûrs de savoir quoi, mais il s’est passé quelque chose ». Si c’était une promesse que s’était faite la route, promesse tenue de remettre un peu un coup de jeune dans la vie spi des gens.


Deuxième chose c’est l’amitié. En fait je connaissais vaguement une personne, on animait les messes ensembles, mais sinon personne. Enfin si, le père Hédon mais ça ne compte pas ! (rires) Et aujourd’hui y’a qu’à voir : on a un petit groupe de 6, 10, 12 personnes et je sais que si j’envoie un message derrière j’ai une réponse, un soutien s’il y a un problème, une blague si besoin… Oui je retiendrai des bonnes amitiés qui durent et ça aussi c’était quelque chose qui me manquait. Et là encore, quand je suis revenue chez moi, j’avais l’impression que j’avais quelque chose que je n’avais pas avant. Ces amitiés, je me suis attachée à les construire, les développer puis les consolider toute l’année qui a suivie. Je suis trop contente de repartir avec eux cette année et de me dire que je vais rencontrer de nouvelles personnes!


Et le troisième truc…je vais passer pour une paysagiste cliché de ouf : les paysages ! (rires) Déformation professionnelle puissance mille ! C’est un coin de France que je n’avais jamais vu et que je n’avais jamais fait. Le goût du paysage que je trouvais dans mes études, dans le fait de les arpenter et de les analyser, ou juste de les observer, je l’ai retrouvé à la Route. Et le faire pendant une semaine, à pied, mais pas seule, vraiment avec tout ce que la route comportait…je dirai que c’est ça mon numéro trois ! Le plaisir de l’extérieur quand on avait été enfermé tellement longtemps en plus. #paysage





Un moment mémorable (fous rires, grâces, moments difficiles) ?


Fous rires, grâces, moments difficiles, il y a tout eu (rires)… Les moments plus difficiles pour moi, c’était après le temps de partage. Les gens nous avaient confié des choses, nous aussi on arrivait avec notre paquet. Et les 30 minutes de marche en silence après étaient pour moi assez lourdes ! Y’en a une particulièrement qui a été horrible... en plus c’était une sacrée montée (rires). Il y avait tout en même temps : la respiration coupée parce que tu retiens les larmes, la respiration coupée parce que y’a des cailloux... et que t’as ton camarade qui court devant donc tu veux le rattraper… et du coup tu lâches tout et tu te mets à rire !


Je retiens ça en fait : l'enchaînement fous rire, grâces, moments difficiles. Mais je ne savais pas forcément que les trois se combinaient… Disons que ce n’est pas QUE une semaine de retour complet sur soi avec à chaque fois ses petits démons à combattre. Non il y avait les temps d’amitié, des temps de partage qui venaient équilibrer le tout.


Et puis pour le fou rire / le moment mémorable - parce que je ne peux pas ne pas le dire (rires) - c’est le canoë ! C’était sûr que ça allait sortir ! Ce moment de fou rire où le canoë est tanqué dans des graviers, tu te dis “je vais sortir je vais pousser le canoë” et puis en fait tu n’as pas remarqué que tu n’as pas pied… (rires) Et bien en fait c’est ce moment pile poil qui résume tout ça. Bon après ça, je suis devenue hyper pote avec la fille avec qui je partageais le canoë, on a construit une amitié forte toute cette année, c’est un vrai soutien…. Bref, tout ça a commencé parce qu’on était toutes les deux pas ouf en maniement de canoë (rires)


Mais bon tous les souvenirs s’entremêlent un peu dans ma tête... il y a trop de moments mémorables pour en choisir un, c’est vraiment un pack complet à retenir !



Une chose que tu as adoré ?


Ce que j’ai adoré c’est qu’il y a une place qui a été faite pour chacun de ces moments. Les temps de partage en équipe, les temps de fous rires en tout petit comité ou en très grand groupe… Donc je pense que c’est ça que j’ai aimé c’est que l’ensemble de ces moments était possible, et qu'on avait chacun des plateformes pour s’exprimer, pour rigoler, pour prier, pour se recentrer puis pour tout lâcher aussi.


Une bonne raison pour venir à la prochaine route ?


Chacun y trouve son compte et même plus que ce qu’on était venu chercher en premier lieu. Je pense que c’est ça une bonne raison. Après tout, on peut dire tout pleins de choses, faire pleins de visuels, trouver plein de phrases d’accroche pour motiver les jeunes à venir à la route... Ceux qui décident de venir vont se faire une idée à peu près de ce qu’ils vont y trouver et je pense à quasiment 99% qu'ils trouveront tout ce qu’ils étaient venus chercher avec des trucs en plus.


C’est-à-dire que si tu étais venu uniquement pour consolider tes amitiés tu y trouveras forcément ton compte sur le plan spi. Si tu étais venu que pour le plan spi tu t’apercevras que tu trouveras ce que tu es venu chercher aussi parce qu’il y avait autre chose autour : parce qu’il y avait des paysages, des gens, des padre hyper motivés, du sport, des fleurs… j’en sais rien. (rires)


Donc voilà chacun y trouve son compte, étudiants comme jeunes pro ! Je pense que c’est ça, une bonne raison : c’est que peu importe ce que tu étais venu chercher, tu le trouveras et en plus tu trouveras autre chose !


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